Composants électroniques : Emka fait face à la crise

Spécialisée dans la fabrication de cartes électroniques, l’entreprise jongle entre hausse des prix, forte demande et délais qui s’allongent.

La reprise économique est là. Mais elle est peut-être plus forte que prévue. Et paradoxalement, le secteur des composants électroniques est en crise. Après des mois d’arrêt à cause du Covid, les fabricants, le plus souvent basés en Asie, ont dû combler leur retard et doivent approvisionner leurs clients qui font face à une forte demande. Parmi eux : Emka électronique. Basée à Pruniers-en-Sologne, l’entreprise, qui fabrique des cartes électroniques à destination d’industriels, doit se battre pour avoir tous les composants dont elle a besoin.

« Il y a eu une demande énorme après un creux excessif. Quand il y a eu le redémarrage, les distributeurs ont écoulé leurs stocks. Mais face aux incertitudes, ils n’ont pas relancé la fabrication tout de suite », explique Patrick Marionneau, PDG de l’entreprise. Le processus de fabrication de ces composants « est long et on voit une hausse très rapide de la consommation ».

Retour à la normale en 2023

La crise a commencé à pointer le bout de son nez au printemps. « Les trois premiers mois de l’année étaient bons. Les premiers retards ont commencé en avril et ça s’est dégradé ensuite. Nous avons eu des mois où nous devions avoir 15 intérimaires mais nous avons baissé progressivement ».

« Nous avons des composants qui se retrouvent repoussés à des délais très éloignés. Pour une commande que l’on doit livrer en novembre 2022, nous avons un composant qui ne sera livré qu’en octobre 2022. Cela met en péril l’activité de nos clients et la nôtre », déplore Patrick Marionneau. À cela s’ajoutent des prix qui sont multipliés par deux, trois, ou cinq : « il faut expliquer au client et qu’il soit d’accord pour lui faire payer un coût supplémentaire. Pour la plupart, ils sont plutôt compréhensifs ».

Sur une carte électronique, des dizaines de composants différents sont nécessaires. S’il vous en manque un seul, le produit ne marchera pas. En somme, un être vous manque et tout est dépeuplé. Du coup, les stocks « augmentent dangereusement. Nous avions de grosses commandes pour de l’éclairage urbain qu’on devait livrer en septembre-octobre. Nous avons les composants qui arrivent mais le dernier ne va arriver qu’en 2022 ».

Pour éviter de tourner au ralenti, l’entreprise a fait du « surbooking » : « Nous avons chargé l’usine avec plus de commandes qu’on puisse prendre ». Ainsi, si des commandes sont annulées, il restera toujours du travail pour les salariés : « On arrive à occuper tout le monde. Nous avons passé juillet et août sans trop de dommages ».

Grâce à ce carnet de commandes élevé, l’entreprise s’en sort honorablement. Quant à la crise, elle devrait durer encore une année au moins. « On va poursuivre comme ça jusqu’à fin 2021 et 2022. On ne voit pas de sortie du tunnel avant 2023 », avertit Patrick Marionneau.

Source : La Nouvelle République