L'activité redémarre mais l'état d'esprit n'y est pas

Un an après le début de la crise sanitaire, la CPME 41 est allée prendre le pouls du côté de Montrichard. Comment vont les chefs d’entreprise ?

Ils sont entrepreneurs mais ne sont pas logés à la même enseigne. La visite de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) de Loir-et-Cher mardi 2 mars 2021 avait pour but de prendre la température auprès de dirigeants installés à Montrichard-Val de Cher.

À la tête de l’entreprise Septem (15 salariés), industrie spécialisée dans le décolletage (usinage en grande série), qu’ils ont créée en 1994, Pascal et Aline Courtault reviennent sur cette année passée si éprouvante. Quelques mois avant la crise sanitaire, le couple a racheté, via une holding qu’il a montée avec ses deux enfants, la société Mécaéro, basée également à Montrichard, vieille de 30 ans et comptant cinq salariés. Le dirigeant de cette société d’aéronautique partait à la retraite.

Avec la pandémie, les deux entreprises n’ont pas vécu la même année (1). Septem, travaillant pour le médical, le luxe, l’automobile et l’aéronautique militaire, a été touchée plus vite à cause du Covid, avec une perte de 50 % de chiffre d’affaires entre avril et septembre. Chez Mécaéro, des commandes ont permis à l’entreprise d’enregistrer six premiers bons mois en 2020, avant que la crise n’affecte son activité (jusqu’à - 80 % de chiffre d’affaires).

« Un temps informel qui a disparu »

Pour les aider à traverser cette épreuve, Pascal et Aline Courtault ont fait appel au chômage partiel, ont demandé un report des charges et un prêt garanti par l’État (PGE). « Depuis septembre, il n’y a plus de chômage partiel chez Septem.

L’entreprise est chargée jusqu’à mai. Nous avons de la chance d’avoir des machines performantes qu’on fait tourner en permanence. C’est davantage de charges fixes, mais on s’y retrouve. Nous avons demandé le chômage partiel de longue durée pour Mécaéro mais nous ne l’avons pas utilisé. Chez nous, personne n’a perdu de salaire, on a complété le chômage partiel. »

Depuis quelque temps, Pascal Courtault a remarqué un changement d’état d’esprit avec des rapports sociaux plus tendus, l’obligeant à déployer beaucoup d’énergie. « Il y a tellement d’aides d’État déversées qu’on pense que les chefs d’entreprises se gavent, mais c’est juste pour maintenir les entreprises à flot », explique Laurent Kopp, président de la CPME 41.

Parmi ses salariés, Pascal Courtault a des joueurs de football appartenant au club de Montrichard (350 licenciés) qu’il préside. Il concède que les gestes barrières, l’absence de liens sociaux, d’échanges sur un terrain de foot ou de rencontres autour d’un café sont pesants. « Ce temps informel que vous aviez avec le foot a disparu, ajoute Laurent Kopp. On travaille actuellement sur la médiation en entreprise avec une psychologue pour renouer le dialogue. »

(1) Avant la pandémie, le chiffre d’affaires de Septem était de 1,2 million d’euros et de 650.000 € chez Mécaéro.

Source : La Nouvelle République - 09/03/2021