Site Daher de Saint-Julien-de-Chédon

Centrair reprendra le site Daher de Saint-Julien-de-Chédon le 1er janvier 2022, avec 30 postes pour débuter. L’effectif devrait doubler en cours d’année.

Dans trois mois, l’équipementier aéronautique Centrair, déjà implanté au Blanc, dans l’Indre, prendra les rênes de l’usine de Saint-Julien-de-Chédon. C’est le résultat de la négociation exclusive entamée au printemps dernier entre cette entreprise et le groupe Daher qui avait annoncé en juin 2020 sa volonté de se désengager de ce site. Cet été, un accord a été signé entre les deux protagonistes.

« Nous avons la volonté d'ancrer l'aéronautique dans la région »

« Le 1er janvier 2022, nous serons chez nous », déclare Didier Beninca, président de Centrair, en parlant des locaux de Daher de Saint-Julien-de-Chédon. Le nouvel exploitant des lieux démarrera son activité avec 30 emplois, dont les contrats seront transférés de Daher vers Centrair.

Au cours de l’année 2022, l’entreprise prévoit d’étoffer ses effectifs de trente autres postes, qui seront ouverts aux salariés de Daher. « Nous n’avons pas besoin des soixante postes dès le départ », précise Didier Beninca, qui connaît bien les produits fabriqués par Daher à Saint-Julien-de-Chédon puisqu’il y a travaillé pendant vingt-deux ans en tant qu’ingénieur puis directeur industriel. « Nous avons notre stratégie de développement avec le rapatriement en interne de charges de production que nous sous-traitions, ce qui va nous permettre de gagner du chiffre d’affaires. Nous avons la volonté d’ancrer l’aéronautique dans la région. Le site que va nous laisser Daher est opérationnel. La région Centre-Val de Loire ainsi que la communauté de communes Val de Cher Controis nous aident avec des subventions très significatives. »

En devenant le deuxième site de production de Centrair, l’usine de Saint-Julien-de-Chédon accueillera aussi les fonctions supports de l’entreprise (administratif, ressources humaines…) pour « des questions géographiques, sans pour autant déplacer des employés du Blanc, ajoute Didier Beninca. Sur les soixante salariés, une dizaine occupera ces fonctions supports. »

De son côté, le groupe Daher précise qu’il travaille pour accompagner le repreneur « dans les meilleures conditions ».

« Éviter les licenciements secs d’ici fin 2022 »

Durant cette année 2022, Centrair et Daher cohabiteront sur le site de Saint-Julien-de-Chédon. Daher, ayant encore besoin d’une année pour refaire ses stocks avant de transférer sa production sur d’autres usines, sera alors locataire des lieux.

Les organisations syndicales, qui n’ont pas participé aux négociations commerciales entre Daher et Centrair, sont restées attentives à la problématique de l’emploi. « Depuis l’annonce du PSE de Daher, il n’y a pas eu de départs contraints, explique un délégué syndical. Actuellement, 210 salariés travaillent encore pour Daher sur le site de Saint-Julien-de-Chédon, dont 30 vont être repris par Centrair au 1er janvier. Pour le bassin d’emploi, le départ de Daher de Saint-Julien reste un traumatisme, même si le PSE a plutôt bien fonctionné, avec beaucoup de départs volontaires de salariés qui ont trouvé un emploi ailleurs, ont monté un projet personnel ou accepté une mobilité sur un autre site. »

Avec les 30 emplois supplémentaires que prévoit Centrair au cours de l’année 2022, ouverts aux salariés de Daher, entre 30 et 60 salariés seront sans solution et resteront encore licenciables. « Le but est d’éviter les licenciements secs d’ici fin 2022 », ajoute le représentant du personnel.

Daher reste présent en Loir-et-Cher sur ses deux autres sites de Montrichard et Salbris avec environ 250 postes sur des activités liées au secteur de la défense et de la logistique.

Source : La Nouvelle République